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En Cévennes, la châtaigneraie à bois se caractérise par son origine presque
exclusivement fruitière. Les taillis (mattes) plus ou moins vigoureux et les futaies
vieillies généralement mal venantes, que l'on qualifie pompeusement de forêts
aujourd'hui, sont en effet issus de la coupe des anciens vergers (pour en extraire les
tannins) ou bien de leur abandon pur et simple consécutif au recul des activités
agricoles et pastorales.
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Rares sont effectivement les terroirs où le châtaignier a été planté dès l'origine
pour produire du bois : ce sont les cerclières (qui produisaient les cercles de
tonneaux et la matière première pour les éclisses de vannerie) ou les dougas
(qui fournissaient douves et douelles de tonneaux).
Ces produits trouvaient un marché porteur dans la plaine viticole languedocienne toute
proche, dans les ports de pêche de la Méditerranée, les mines et l'industrie des
filatures de soie. Mais le châtaignier de verger,
tout tordu et fourchu qu'il était, nen fournissait pas moins du bois de
construction.
Les charpentiers d'antan l'utilisaient tel quel, avec parfois les branches encore soudées
au tronc !
Les charpentes de vieilles bâtisses peuvent encore attester de ces agencements pour le
moins originaux, mais d'une solidité à toute épreuve !
La filière bois a pu connaître des heures de gloire dans le passé quand les conditions
économiques et sociales étaient tout autres. |
Aujourdhui, la
châtaigneraie cévenole souffre de plusieurs problèmes :
- son origine fruitière, peu adaptées à la production de
bois, et la perte des débouchés spécifiques pour lesquels elle avait été plantée
- un manque évident de tradition et de culture forestières
dans une région longtemps tournée vers le pastora-
lisme et les cultures vivrières
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- les difficultés d'exploitation (pente) et de transport
(routes étroites à tonnage limité).
Dans ces conditions, on peut comprendre quelle
éprouve quelques difficultés à décoller aujourd'hui.
Cependant des solutions techniques existent pour
transformer cette châtaigneraie relativement médiocre en véritables forêts
susceptibles de fournir des bois de qualité.
Toutefois l'investissement nécessaire pour réussir cette mutation est élevé et les
propriétaires de châtaigneraies sont rares à vouloir et pouvoir l'assumer, même si des
subventions (quand même assez incitatives) existent et même si l'intérêt patrimonial
pour le châtaignier est toujours aussi vivace dans le cur des propriétaires
forestiers cévenols.
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Les organismes
chargés de développer les forêts privées, et ceux dont la mission est de dynamiser
première transformation (scieries) du bois et deuxième transformation (menuiseries,
ébénisteries), nen baissent pas pour autant les bras.
Des actions de relance de la filière châtaigneraie-bois sont aujourd'hui entreprises,
d'abord en s'appuyant sur un noyau dur de propriétaires et de professionnels qui y
croient; ensuite en essayant de convaincre les autres; enfin en innovant dans de nouveaux
débouchés.
Les premières retombées positives sont là, grâce à leur enthousiasme, même si c'est
loin d'être facile.
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Et au détour dun des
chemins (de la châtaigne, bien sûr !) vous pourrez découvrir un ces immenses fûts sans
branches disgracieuses fièrement dressés vers les plus hautes frondaisons.
Car des beaux châtaigniers dont on fait de la belle uvre, il y en a quand même
dans nos Cévennes. Il faut savoir regarder...
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